Prochains séminaires du réseau de chercheurs HESCALE

HESCALE, Histoire, Économie, Sociologie des Cinémas d’Afrique et du Levant

 

CALENDRIER DES SÉANCE

  • Le 7 juin 2018 : Vincent Bouchard – « Réception des projections coloniales en Algérie : le dilemme du SDC entre les versions française et arabe dialectal »

Vidéo de Vincent Bouchard

Lien vers le web-séminaire : https://www.youtube.com/watch?v=sizfOWuIVD4

Bio: Vincent Bouchard est Assistant Professor of Francophone Studies à Indiana University – Bloomington. Après une double formation en études cinématographiques à Sorbonne Nouvelle (Paris 3), et en littérature comparée à l’Université de Montréal, il a enseigné dans le programme d’études francophones de l’Université de Louisiane à Lafayette. Il a publié Pour un cinéma léger et synchrone à Montréal ! aux Presses Universitaires du Septentrion (2012). Il a également coédité un numéro de la revue Cinémas (« Cinéma & oralité », 2010) ainsi que Dialogues du cinéma (Nota Bene, 2016).

Réception des projections coloniales en Algérie : le dilemme du S.D.C. entre les versions française et arabe dialectal

Comme d’autres puissances coloniales en Afrique, la France a organisè des projections cinématographiques pour renforcer son emprise sur les populations colonisées et apporter un « message éducatif ». Les Britanniques étaient les premiers à généraliser ce type de propagande avec la création du Colonial Film Unit (CFU) lors de la deuxième guerre mondiale, suivis des gouvernements coloniaux au Congo belge et en Algérie française. Si l’inefficacité de ces séances est aujourd’hui largement attestée (Rolot, Ramirez, 1990 ; Burns, 2000 ; Bouchard, 2011), il est tout de même intéressant d’interroger ces dispositifs en détail, afin, par exemple, d’observer comment certains organisateurs ont tenté d’adapter les films à l’audience, soit en donnant un contenu local aux films, soit en traduisant et commentant en direct les films dans la langue des spectateurs (l’un n’excluant pas l’autre).

Or, si la langue de projection est un facteur important dans cette forme de contrôle des opinions, il est loin d’être le seul et il ne semble pas y avoir de solution idéale : chaque organisateur cherche alors un compromis entre ses contraintes techniques et économiques, le contexte socio-politique et la manière dont il conçoit la propagande cinématographique. Si l’on prend l’exemple de l’administration française en Algérie, le Service de diffusion cinématographique (SDC), en charge de propagande du Gouvernement Général, était confronté à de nombreux problèmes : diversité des publics (Européens plus ou moins francophones ; populations arabophones ; Kabyles ; etc.) ; disponibilité des films en version française ; faiblesse des budgets de doublage ; nécessité d’expliquer le film avant, pendant et après la projection ; etc.

À travers une analyse des comptes rendus produits par le SDC et disponibles dans les archives de l’ANOM, cette présentation vise à explorer comment les films étaient reçus, en particulier en fonction de la version de diffusion. En contextualisant l’importance de la langue de projection, cette communication montrera l’efficacité relative de ce mode de propagande, où la diffusion de contenu et d’idéologies à lieu autant via le discours véhiculé par les films qu’à travers l’aspect spectaculaire du dispositif lui-même.

DIGITAL RESEARCH SEMINAR 2017-2018

HESCALE, History, Economy, Sociology of Cinema in Africa and the Levant

CFP – The Language of Film:

Production, Circulation, Issues

Language is at the heart of cinema. Providing clues to the cultural context of the creation of a film, language also determines the geographical paths of its circulation and the nature of its reception by audiences. It is, however, often taken for granted, and remains largely unquestioned, both by film professionals and academics. In 2017-2018, HESCALE’s digital seminar will be dedicated to the issue of the languages in which film in and from Africa and the Middle East are made and watched. In what languages are films shot, distributed and watched in Africa and the Middle East ? How do the languages spoken onscreen determine the distribution and the potential audience of a film ? How do they influence audience reception ? How do different stakeholders view the issue of languages: lawmakers, institutions, producers, distributors, translators, exhibitors, reviewers, and spectators ? A non-exhaustive list of topics to be explored is:

  • Legal and political issues: Since language is inherent to the nationality of a film, what are the stakes in the case of a co-production ? What are the legislations regulating the languages in which films are screened ? Since cinema is an element in identity building, what place do languages hold in national film policies ? How do policymakers consider the issue language, both in terms of censorship and beyond ?
  • Cultural issues: What is the link between identity-creation and production languages ? Do films convey the strong multilingual context in many countries of the area ? What languages are associated to cinema in the spectators’ minds (French, English, Arabic, Hindi, …) Is language always about improving circulation, or can it also be a factor of exclusion ? What has been the linguistic but also cultural role of live commentators ?
  • Economic issues: Which languages enable a film to improve its visibility and commercial success ? What are the different language strategies used by the different platforms: film festivals, commercial movie theatres, state television, satellite television, VOD…
  • Industrial issues: Who are the main players concerned with language issues ? And the historical players in dubbing and subtitling ? What translation practices exist and have existed ?
  • Technological issues: How does the existence of multiple platforms influence the languages in which film circulate ? How important are the new collective translation practices, such as fan sub and fandub ? Do they create new linguistic communities ? Do they create a new form of cinephilia ?

For further questions, contact Patricia Caillé: patricia.caille@unistra.fr

Presenters are expected to send a pre-recorded file with their presentation (about 20-30 minutes), ahead of the seminar. Discussions will take place through a videoconference during the seminar, which will be held on Thursdays, from 5.00pm to 6.00pm.