Fabrique collective des films en Afrique et au Moyen Orient

Les cinémas et plus largement les productions audiovisuelles d’Afrique et du Moyen Orient connaissent un bouillonnement créatif qui suscite l’engouement des publics locaux, régionaux et au-delà. Ils nous incitent à interroger les modes de production, la circulation et la valorisation des films qui sous-tendent cette reconfiguration des paysages audiovisuels. Le projet CREACOLCIN initié par le réseau HESCALE explore un pan souvent occulté par les approches politico-esthétiques ou économiques, les ressources humaines et la contribution des collaborateurs et collaboratrices technicien.nes à la création collective des films dans ces pays. L’enjeu de cette recherche fondée sur des enquêtes de terrain est ainsi d’étendre la focale au-delà de la réalisation pour accéder aux dynamiques de la fabrique des films et rendre compte des termes dans lesquels ces acteurs et actrices décrivent leur rapport au cinéma, leur activité, leur parcours dans des secteurs de taille très différentes mais toujours fragiles. Il s’agit aussi d’interroger la façon dont le genre et la génération affectent le rapport au cinéma et les stratégies d’un ensemble plus large de collaborations. Ces journées d’étude proposent à la fois un bilan d’étape des travaux menés ainsi que des ouvertures méthodologiques. Les chercheur.es engagées sur ces terrains présenteront les premiers résultats de leurs recherches et dialogueront avec des collègues dont les approches creusent des sillons qui nous permettront d’enrichir nos analyses.

Ces journées sont dédiées à la mémoire de François Fronty, un des membres fondateurs d’HESCALE, décédé accidentellement le 12 juin 2022 au Congo.

Ces journées d’études se dérouleront en ligne (un lien zoom sera envoyé aux personnes inscrites). Pour vous inscrire, contactez : raluca.calin@gmail.com ou patricia.caille@unistra.fr

Pour consulter le programme : http://www.groupe-hescale.com/category/colloques/

Programme 22 juin 2022

9h00-9h15 – Ouverture de la séance, Patricia CAILLÉ et Raluca CALIN

9h15-9h30 – Introduction de la journée, Raluca CALIN

Panel 1. Turquie

9h30- 10h30

“De la publicité au cinéma art et essai, les monteuses en Turquie”, Hülya UĞUR TANRIÖVER, (Professeure émérite)

“An Analysis of the Experiences of Women Working in Camera Departments in Turkey”, Aysun ÖNER (Université d’Ankara)

10h15-10h30 – Discussion animée par Raluca Calin

PAUSE – 10h30- 10h45

 Panel 2. Maroc

10h45-12h00

“Enquêter sur la direction de la photographie au Maroc : Une étude de cas sur la méthode et la démarche”, Patricia CAILLÉ (CREM UR 3476 / Université de Strasbourg)

“Ecce technicus. Être monteuse au Maroc”, Jaouad SERGHINI (Université Mohammed 1er, Oujda, Maroc)

“Racial politics of casting in the film industry: the case of Moroccan artists in Spain”, Alejandra VAL CUBERO (Universidad Carlos III de Madrid/ TECMERIN)

11h45-12h00 Discussion animée par Raluca CALIN

Panel 3. Tunisie

12h15-13h30

“Cadreuses et chefs opératrices en Tunisie : enjeux et mutations”, Emna MRABET (ESTCA, Université de Paris 8)

““Faire carrière” en Tunisie. Trajectoires de jeunes technicien.ne.s/créateur.ice.s du cinéma”, Azza CHAABOUNI, (ISEAHK – Université de Jendouba)

“Le métier de premier assistant : Mounir Baaziz, figure de proue”, Ons KAMOUN (ESAC/Université de Carthage)

13h00-13h30 – Discussion animée par Raluca CALIN

PAUSE 13h30-14h30

Panel 4. Enjeux, méthodologie et démarches

14h30-15h45

“Transcultural Production Studies”,  Nolwenn MINGANT, Professeure d’Histoire et Culture des Etats-Unis, Université d’Angers

15h45-17h00

“L’approche écologique. Une méthode en questions”, Olivier ALEXANDRE, chargé de recherche au CNRS/Centre Internet et société

Discussions animées par Patricia CAILLÉ et Raluca CALIN

Programme 23 juin 2022

8h55 – Introduction de la journée, Patricia Caillé

Panel 5. Cameroun et Togo

9h00-10h00

“Le cinéma 2.0 du Cameroun : approches techniques et trajectoires professionnelles”, Lambert NDZANA (IRCAV, Paris Sorbonne Nouvelle)

“Parcours de techniciens togolais de l’audiovisuel”, Claude FOREST (IRCAV Paris 3 Sorbonne nouvelle)

Discussion animée par Raluca CALIN

Panel 6. Afrique du sud

10h00-11h00

“Looking at Women Technicians’ Creative Input in Post-Apartheid South-African Film”, Anna-Marie JANSEN VAN VUUREN (Tschwane University of Technology) and Patricia CAILLÉ (CREM, Université de Strasbourg)

Discussion animée par Raluca CALIN

PAUSE

11h15 – 13h00 Discussion des apports de ces journées pour le développement du projet (Atelier réservé aux membres du projet CREACOLCIN)

Ces journées sont soutenues par Le Labex.ICCA, la MSH Lorraine et le CREM

À l’œuvre au cinéma! Professionnelles en Afrique et au Moyen Orient

 

Patricia Caillé et Raluca Calin (dir.)
Eds L’Harmattan (Images plurielles: Scènes et écrans), 2022, 380 p.

Que ce soit en Algérie, en Tunisie, en Éthiopie, au Ghana, au Cameroun, au Sénégal, en Turquie, au Liban, aux Émirats arabes unis, au Qatar, etc., mais aussi depuis la France, des professionnelles du cinéma se sont engagées avec une énergie hors du commun, non seulement pour faire des films, mais aussi pour contribuer au développement plus global des secteurs dans lesquels elles œuvrent. Cet ouvrage s’attache à des parcours singuliers, des trajectoires pionnières de réalisatrices ou techniciennes, offre des états des lieux nationaux et rend compte de la contestation du statu quo par les nouvelles générations qui créent ainsi de nouvelles opportunités, s’arrogent des postes et imposent des pratiques plus inclusives.

Pour le commander:
https://www.editions-harmattan.fr/livre-a_l_oeuvre_au_cinema_professionnelles_en_afrique_et_au_moyen_orient_patricia_caille_raluca_calin-9782343253978-72508.html
Table des matières:

INTRODUCTION
Patricia Caillé

PARTIE I – PARCOURS SINGULIERS

Andrée Davanture, monteuse. Un œil à l’écoute !
Claude Forest

Marie-Josée Sanselme, plume francophone du cinéaste franco-israélien Amos Gitaï
Marie-Pierre Ulloa

Heiny Srour, un engagement aux marges du cinéma libanais
Patricia Caillé

Kahena Attia, une cinéaste qui transcende les limites du métier de monteuse
Ons Kamoun

PARTIE II – PARCOURS PIONNIERS

Third Cinema Inheritances and Contemporary Politico-Commercial Women’s Films and Filmmaking in Ghana
Dennis-Brook Prince Lotsu

The Female Gaze in South African Film: Katinka Heyns and Contemporary Women Filmmakers
Anna-Marie Jansen Van Vuuren

Nujoom Alghanem: Filming in the United Arab Emirates
Alejandra Val Cubero

PARTIE III – ÉTATS DES LIEUX

Courage, persévérance et solidarité : Les femmes cinéastes face aux obstacles d’une industrie à domination masculine en Turquie
Hülya Uğur Tanrıöver and Gülsenem Gün

Présence des femmes dans l’activité cinématographique au Cameroun
Lambert Ndzana

Réalisatrices ouest africaines francophones.  Portraits croisés Burkina Faso et Sénégal
Mame Rokhaya Ndoye

PARTIE IV – NOUVELLES GÉNÉRATIONS  DE LA CONTESTATION

(R)Évolutions tacites : Trajectoires cinématographiques éthiopiennes
Raluca Calin

Contesting the Status Quo: The Rise of Women Filmmakers in Ghana
Dennis-Brook Prince Lotsu

Les femmes dans le cinéma algérien contemporain
Salima Tenfiche

Femmes réalisatrices en Tunisie : Une tradition révolutionnaire ?
Emna Mrabet

Réalisatrices qataries, vitrine d’un cinéma en devenir ?
Stéphanie Pourquier-Jacquin

BIBLIOGRAPHIE
NOTICES BIO-BIBLIOGRAPHIQUES

Filmer les peaux foncées

Par Diarra Sourang, 2019, 142 p.

Comment filmer les peaux foncées ? L’idée première de l’ouvrage était de répondre à cette question d’un point de vue strictement technique, de ne parler que de caméra, de lumière et des autres outils du chef opérateur. Pourtant, il était difficile de faire abstraction des considérations socioculturelles qu’elle implique. L auteure a donc essayé de comprendre ce qu’est une peau foncée en tant qu’idée, en tant que matière et en tant qu’élément à filmer.

Diplômée en 2018 de l’École nationale supérieure Louis-Lumière en section cinéma, Diarra Sourang présente ici sa recherche de fin d’études. Elle travaille aujourd’hui comme électricienne de prise de vue sur les plateaux de cinéma et souhaite devenir directrice de la photographie.

 

  • Date de publication : 27 novembre 2019
  • Broché – format : 13,5 x 21,5 cm • 142 pages
  • ISBN : 978-2-343-18358-9
  • EAN13 : 9782343183589
  • EAN PDF : 9782140136269
  • EAN ePUB : 9782336887012
  • (Imprimé en France)

 

Les filières cinématographiques en Afrique et au Moyen-Orient au prisme du genre : Enjeux, questionnements et terrains

Programme colloque HESCALE – Istanbul, les 19 et 20 mars 2020  (Colloque reporté à l’automne 2020)

En lançant le projet « Les filières cinématographiques en Afrique et au Moyen-Orient au prisme du genre : Enjeux, questionnements et terrains » par le biais de l’appel à articles publié fin 2018, nous revendiquions une démarche innovante qui consistait à interroger au prisme du genre et dans une approche comparative, le fonctionnement d’une filière dans ses dimensions professionnelle, créative et culturelle. Notre volonté était d’entamer une démarche patrimoniale de recueil de données sur des pays et/ou métiers qui n’en disposent pas (ou de manière parcellaire) afin de rendre compte de l’accès genré aux différentes activités de la production, mais aussi de la circulation et de la valorisation des films. L’enjeu de ces journées sera de valoriser les résultats obtenus, de faire un bilan des recherches menées, de réfléchir à la méthodologie, aux démarches privilégiées, aux difficultés rencontrées, afin d’envisager dans une discussion collective de cette expérience, les moyens de développer et d’approfondir les questionnements et les terrains, d’évoquer les points aveugles et faire émerger les axes de réflexion qui nous paraissent les plus pressants.

 

Le 19 mars 2020

9:30 Accueil, Café

10:00 Discours  d’inauguration

Francis Rousseaux, Université Galatasaray

Hulya Tanriöver, FILMMOR
Ayse Toy Par, Université de Galatasaray, MEDIAR
Patricia Caillé, Université de Strasbourg (CREM EA 3476), HESCALE
Raluca Calin, Université d’Avignon (LCC – EA 7542)

10:30- 12:00

Première session: Les éclaireuses: quel héritage ? Modération Raluca Calin

Claude Forest (Univ. de Strasbourg – IRCAV): Andrée Davanture, monteuse. Un œil à l’écoute

Patricia Caillé (Univ. de Strasbourg – CREM EA 3476): Le Liban, une exception ? De Heiny Srour à un secteur géré par des femmes

Anna-Marie Jansen van Vuuren (Tshwane University of Technology):  Katinka Heyns: Legacy and influence on the South African film industry

Discussion

12:30-14:00 Pause déjeuner

14:00-16:00 

Deuxième session: Porter le flambeau national de la résistance à la contestation Modération Patricia Caillé

Salima Tenfiche (Univ. Paris 7 Denis Diderotj – CERILAC): La place des femmes dans le cinéma algérien contemporain, un indicateur d’affranchissement vis-à-vis de l’État

Emna Mrabet (Univ. Paris 8 – ESTCA): Femmes réalisatrices en Tunisie : une tradition révolutionnaire ?

Hülya Uğur Tanrıöver (Professeure émérite, FILMMOR): Gülsenem Gün (Univ. Galatasaray) : Courage, persévérance et solidarité : les réalisatrices du nouveau cinéma turc face à la crise des industries de films

Raluca Calin (Univ. Avignon, EA 7542 – LCC) : La figure de la réalisatrice en Ethiopie : une nouvelle vague conjuguée au féminin

Discussion

Pause café

3ème session Trajectoires artistiques et professionnelles Modération Ayşe Toy Par

16:30- 18:00

Lambert Ndzana (Univ. de Paris 3 – IRCAV) : Au Cameroun, les femmes ont-elles le même accès que les hommes aux métiers du cinéma ?

Alejandra Val Cubero (Universidad Carlos III de Madrid – TECMERIN): Nujoom Alghanem: Filming in the United Arab Emirates

Mame Rokhaya Ndoye (Univ. Gaston Berger – CIERVAL): La figure de la réalisatrice ouest-africaine francophone. Portraits croisés entre le Burkina Faso et le Sénégal.

Le 20 mars 2020, Institut Français d’Istanbul et FILMMOR

09:30 Accueil café

10:00-12:00 Réunion de travail avec les participants du colloque au sujet de la publication et du projet HESCALE 2021

Déjeuner

13:00 – 16:30  Participation au Festival International Itinérant des Films de Femmes FILMMOR: Projection de films et débat

16:30 – 17:00 pause café

17:00 – 18:45  Projection de Sofia (2017), un film de Meryem Benm’Barek

19:00 – 20:00  Table ronde avec la réalisatrice Meryem Benm’Barek et les chercheures Particia Caillé, Gülsenem Gün et Hülya Ugur Tanrıöver sur le thème : Le cinéma des femmes au Maghreb et en Turquie

Dîner

Comité d’organisation et responsabilité scientifique: Patricia Caillé (Université de Strasbourg – CREM EA 3476), Raluca Calin (Université d’Avignon – LCC EA 7542), Hülya Tanriöver (Professeure émérite – FILMMOR), Ayse Toy Par (Université de Galatasaray – MEDIAR)

Ce colloque est financé par :
– MEDIAR, Université de Galatasaray
– FILMMOR
Il est soutenu par:
– Institut français d’Istanbul
– L’IRCAV – Université de Paris 3

Appel à contribution – Le rôle des États envers le cinéma

Le rôle des États envers le cinéma.
 Monographies des Bénin, Burkina Faso, R.P. Congo, Gabon, Mali, Maroc, Togo

Assujettis à la fin du XIXe siècle à des administrations française ou belge avec divers statuts – colonie, protectorat, département -, nombre de territoires africains, dits aujourd’hui francophones lorsque la langue française y est devenue l’une des langues officielles, même si toujours parlée par une minorité de sa population, ont du s’inventer au moment de leurs indépendances un État et une fonction publique, le plus souvent importés et calqués sur le modèle de leur ancienne métropole.

Au niveau du cinéma, une attention et une organisation particulières lui ont été portés en France depuis 1940, précisément sous l’occupation allemande par le régime de Vichy, marquant le début d’un fort interventionnisme étatique en sa faveur. De nombreuses lois, puis un volumineux Code spécifique (1) en régissent le fonctionnement. Un établissement public juridiquement indépendant, le CNC, est doté de 479 agents pour veiller à son application et à la gestion d’un budget indépendant de celui de l’État grâce à des taxes spécifiques au secteur. Ses 671 millions d’euros de recettes (en 2017), lui permettent ainsi une variété de soutiens financiers, automatiques et sélectifs, en direction d’absolument tous les acteurs concernés, offrant une panoplie de mesures et un niveau d’aides inégalés dans le monde, et inégalables en raison même des circonstances historiques de son apparition puis de son développement.

Si le budget du CNC français représente donc à lui seul le tiers du budget annuel total d’un État comme le Bénin ou le Togo, l’évidence de l’incommensurabilité des situations financières n’exonère pas d’une réflexion sur le rôle et la place que les États africains, notamment francophones, ont joué depuis six décennies en direction de leurs cinémas. Si l’étroitesse des marchés et la faiblesse quantitative de la production empêchent souvent – notamment au sud du Sahara – de parler d’industrie cinématographique, partout, dans tous les pays, des individus et des entreprises ont tenté et tentent de plus en plus de vivre économiquement en réalisant ou montrant des films. L’Histoire a toutefois enseigné que ces tentatives n’étaient guère viables en l’absence d’une régulation de ce marché, voire d’un soutien –pas simplement financier mais déjà politique et réglementaire – par une autorité externe.

Face aux nombreuses difficultés rencontrées depuis les années soixante – poids d’entreprises étrangères, fraude, piratage, fermeture des salles, destruction de la filière, etc. – le désintérêt de nombre de ces États pour leur cinéma est patent, et l’absence de constance dans leurs (in)actions est devenue la norme. Mais au-delà du constat ou de la déploration stérile, maintes fois énoncés et cela dès la création de la Fépaci puis ensuite rituellement lors des colloques et festivals comme le Fespaco, les mécanismes des interventions de la puissance publique – réussies ou non, pérennes ou pas, symboliques ou consistantes – ont très rarement été analysées de manière circonstanciée dans ces pays. Très disparates entre le Maroc où le Centre cinématographique marocain joue un rôle structurant et volontariste majeur, permettant la renaissance d’une production depuis une quinzaine d’années, et la République centrafricaine où absolument rien de significatif ne s’est déroulé en six décennies, le rôle des États varie amplement. Mais ces faits n’ont jamais été que très sommairement évoqués dans la littérature scientifique, au détour de quelques monographies de pays par exemple, et jamais analysés de manière complète ni détaillé.

Le présent appel ambitionne de poser un jalon pour combler ce manque, afin de tenter d’évaluer précisément le rôle que chaque État africain francophone a pu/voulu jouer depuis sa création. Tant pour le Maghreb que pour l’Afrique sud saharienne, des monographies nationales précises pour chacun d’entre eux paraissent de ce fait nécessaires aujourd’hui.

L’approche se veut résolument pluridisciplinaire, notamment en abordant les axes suivants :

– Historiques : de quand datent les premières interventions de l’État du pays étudié ? Quelles évolutions réglementaires et organisationnelles ont-elles connues ? Des évènements nationaux (changement de gouvernement, obtention de prix en festival…) ou internationaux (conflits armés, plan d’ajustement structurel…) ont-ils modifié, et exactement quand et en quel sens, les (non)interventions de l’État ? Des États étrangers ont-ils pesé (et si oui, comment précisément), à l’origine ou en certaines circonstances, sur la relation de l’État africain vis-à-vis de son cinéma ? A-t-il existé, ou existe-t-il encore des « conseillers » étrangers auprès du Ministre concerné, et quel rôle ont-ils joué ? Quelles voies, indépendantes ou non du modèle français, ont-elles été tentées pour mettre en place puis développer une industrie nationale du cinéma, ou l’un de ses secteurs (industries techniques, production…) ? Etc.

– Juridiques : quelles formes légales et institutionnelles ont pris les interventions de l’État? Y a-t-il eu, et quand, un service ministériel (direction ou sous-direction cinématographique…) ou une institution autonome dédiée (tel le CCM) ? Y a-t-il eu le vote de textes de lois ou instauration d’un Code de l’industrie spécifique ? Existe-t-il un contrôle spécifique des recettes des salles de cinéma ? Une législation sur le droit d’auteur ? Les métiers de la filière cinéma et audiovisuelle sont-ils reconnus ? Quel est l’état des lieux contemporains des lois existantes, et sont-elles appliquées, et si non, pourquoi ? Existe-t-il des formations et/ou diplômes publics, professionnalisants ou généralistes, concernant les métiers de la filière ? Existe-t-il ou a-t-il existé des formes publiques d’initiation au cinéma pour les publics scolaires ? Etc.

– Sociologiques : si les premiers réalisateurs ont massivement été formés en Europe (France et URSS essentiellement), qu’en a-t-il été des premiers fonctionnaires et hommes politiques en charge du cinéma ? Et ultérieurement, comment s’est opérée leurs formations et recrutements ? Qui sont aujourd’hui les acteurs du secteur public concerné (sexe, âge, origines sociales…) et d’où viennent-ils (région, ethnie, formation…) ? Une proximité avec les dirigeants du pays est-elle requise, et de quelle autonomie d’orientation de la politique cinématographique disposent-ils ? Etc.

– Économiques : existe-t-il une ligne budgétaire de l’État en direction du cinéma ou de l’audiovisuel ? Si oui, est-elle votée par un parlement, ou attribuée de manière discrétionnaire (par le Président de la République, ou autre) ? Qui le gère ? Ses affectations sont-elles contrôlées ? Les comptes sont-ils publiés ? Les différentes branches de la filière (production, distribution, exploitation, industries techniques) sont-elles, ou ont-elles été, concernées ? L‘affectation des fonds aux bénéficiaires a-t-elle été effective ou un simple effet d’annonce ? L’aide à la production étant la forme la plus répandue, les films ont-ils été réalisés, ou le soutien public détourné à d’autres fins par leurs attributaires ? Quels impacts de l’intervention (ou non intervention) publique sur le dynamisme du secteur ? Quelles taxes et quels impôts affectent l’activité audiovisuelle, et quel rôle jouent-ils ? Le poids du secteur au sein de l’activité économique nationale (emplois, chiffre d’affaire, etc.) est-il reconnu, valorisé ou ignoré par l’État? Etc.

Chaque proposition s’intéressera à un seul pays ; elle pourra être rédigée collectivement.

Calendrier :
-Les propositions de contribution, rédigées en français, d’une page environ, comportant le pays concerné, la problématique, le corpus et la méthodologie, sont à envoyer accompagnés d’un court CV à claudeforest92@yahoo.fr, avant le 15 juillet 2019, l’avis étant rendu sous quinzaine.
-Les textes, d’une longueur de 20.000 à 60.000 caractères, seront à livrer pour le mois d’octobre 2019.
La publication est prévue pour le début de l’année 2020 aux éditions l’Harmattan, dans la collection Images plurielles – Scènes et écrans.

1 Centre national du cinéma et de l’image animée, Code du cinéma et de l’image animée, Paris, CNC, 908 pages au 14 février 2018.